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Réfugiés soudanais torturés : Union européenne et États membres moralement responsables

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Le 27 septembre dernier, l’Association Européenne pour la défense des Droits de l’Homme (AEDH) dénonçait la coopération de la Belgique, de la France et d’autres États membres de l’Union européenne avec le Soudan au détriment de toute considération pour leurs obligations en vertu, notamment, de la convention des Nations Unies contre la torture. Le Chef de cette dictature est sous le coup d’un mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et génocide. Le régime de ce pays est connu pour les violences perpétrées à l’égard de sa population et les violations répétées des droits fondamentaux. Cette coopération avérée consiste, notamment, pour certains Etats membres de l’Union européenne à faire venir sur place des membres des services de sécurité de ce pays pour identifier et expulser des soudanais, y compris le cas échéant de la part de demandeurs d’asile d’origine soudanaise.

Le Tahrir Institute for Middle East Policy a révélé cette semaine les témoignages de ressortissants soudanais identifiés par les services soudanais et renvoyés par la Belgique vers Khartoum où ils ont subi à leur arrivée menaces, restriction de liberté et torture par les autorités soudanaises. Suite à ces révélations, le gouvernement belge et, en particulier, le Premier Ministre, Charles Michel, et son Secrétaire d’Etat à l’asile, Theo Francken, ont continué à assumer cette politique tout en suspendant les expulsions de soudanais « jusqu’à ce qu’une enquête vérifie la réalité des faits rapportés ». Ils se référent aux accords conclus dans le cadre du Processus de Khartoum et de suivre les exemples de la France et l’Italie en la matière.

L’AEDH et ses organisations membres en Belgique, France et Italie – la LDH-France, la LDH francophone et la LIDU, ne sont pas surprises de ces révélations et estiment les gouvernements belge, français et italien moralement responsables des traitements dégradants dont ont été victimes les réfugiés soudanais renvoyés. Une responsabilité partagée avec l’Union européenne, initiatrice du processus de Khartoum.

 

    

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