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Les femmes, premières victimes des migrations forcées

Un article de Cairn Info révèle la précarité et le danger que vivent les femmes réfugiées qui tentent d’arriver en Europe par elles-mêmes. Les ONGs nationales et internationales ont mis en avant, par des recherches menées en 2015 et 2016 en Grèce, en Serbie et en France, les inégalités dont sont victimes ces femmes qui arrivent seules sur le continent européen, et les violences dont elles sont victimes sur la route, dans les centres de détention ou d’accueil.

Nous AEDH, partageons la position de ces ONGs qui est de condamner toute agression dirigée envers ces femmes, et la volonté de leur apporter davantage de protection. Il est tragique de penser que ces femmes ne verront sûrement jamais les crimes dont elles ont été victimes punis, faute d’écoute et de moyens d’action de la part de l’Union européenne.

Comme l’avance le rapport de Cairn Info, les femmes réfugiées seules ou avec des enfants sont de plus en plus nombreuses, soit parce que leurs compagnons restent pour se battre, ou ont été tués dans les conflits, ou bien pensent qu’elles seront plus facilement accueillies en tant que personne vulnérable. Elles sont certes considérées comme étant moins dangereuses qu’un homme réfugié seul, mais n’échappent pas pour autant à des conditions d’accueil déplorables, des agressions sexuelles caractérisées, des conditions d’hygiène désastreuses…

Pourtant en 2015, ces femmes représentaient 17% des réfugiés arrivant en Grèce ou en Italie, ce qui met en avant la situation critique dans les pays d’origine (Syrie, Irak, Afghanistan, Iran, Érythrée…). Les associations présentes dans les camps de réfugiés, notamment de Calais ou en Grèce, ont noté la fréquence croissante de relations sexuelles transactionnelles, avec des passeurs, ou d’autres réfugiés. Cela a pour conséquences d’exclure les femmes des espaces publics, pour se mettre en sécurité, et donc un manque considérable d’accès à l’hygiène et aux soins. Les ONGs présentes ne savent plus comment réagir, ne pouvant généralement interagir qu’avec des hommes, les femmes restant en retrait, et n’ayant aucun moyen d’action pour condamner les coupables. Dans tous les cas, aucune dénonciation n’est faite, ces femmes préférant rester sous l’égide d’un homme pour une protection subsidiaire. Elles ont souvent trop peur des représailles pour se manifester sur ces violences.

Pour résumer, les conditions de voyage et d’accueil favorisent énormément les agressions envers les femmes voyageant seules, et les organisations présentes sur place n’ont que très peu de moyens d’action pour les protéger, les mettre à l’abri. Le manque de moyen est l’une des raisons principales. Il faut en finir avec ces conditions et trouver les ressources nécessaires pour leur assurer davantage de sécurité, ne serait-ce que lors de leur arrivée sur le continent européen.

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