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L’édito du Président de l’AEDH – Le gouvernement hongrois, laboratoire des mauvaises idées ?

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Le 17 janvier, le gouvernement hongrois a présenté un projet de loi prévoyant l’instauration d’une taxe spéciale pour les ONG accusées par Budapest de « faciliter l’immigration ». Les associations  concernées feraient l’objet « d’une taxe de 25% sur leurs financements étrangers, dont le produit sera affecté à la défense des frontières ». Dans la même phrase, on trouve « immigration », « étranger » et « frontière »…

Il y a dans cette annonce la menace sous-jacente contre George Soros et sa fondation accusés de tous les maux, et de cosmopolitisme, un mot bien connu dans cette sphère et dont on se souvient qu’il est en général bien compris par les populations cibles comme équivalent à « juif ».

Le projet de loi, qui doit être soumis au Parlement en février, prévoit également des interdictions de territoire pour les ressortissants étrangers soupçonnés de favoriser l’entrée en Hongrie de demandeurs d’asile. Et l’on voit dans cette mesure que selon le gouvernement hongrois, seuls des étrangers pourraient avoir comme idée saugrenue de vouloir ouvrir le pays à des demandeurs d’asile.

On sait que depuis 2015, le gouvernement Orbán utilise tous les moyens pour s’opposer à ce qu’il appelle « l’immigration de masse » Et pour ce faire et garder la Hongrie à l’écart de toute immigration illégale, un véritable mur de barbelés est maintenant érigé aux frontières serbe et croate de la Hongrie.

En s’attaquant aux associations, le but du gouvernement hongrois est de maintenir la pression et de montrer qu’il garde la main et l’initiative contre les instances européennes qui l’ont menacé de sanctions. Le porte-parole du gouvernement hongrois a donc une nouvelle fois dénoncé « des groupes d’aide aux migrants, déguisés en organisations de défense des droits de l’Homme ».

Pour le gouvernement hongrois, aider les migrants, ce n’est pas défendre les droits de l’Homme ! La prochaine fois, peut-être ira-t-il un peu plus loin ? Et si les migrants et les demandeurs d’asile n’étaient pas des êtres humains, on n’aurait pas besoin de s’occuper de leurs droits puisqu’ils n’en auraient pas ! Voilà une façon de résoudre la question des droits : décider des bénéficiaires et débouter les autres.

Il ne s’agit peut-être pour l’instant que d’une menace circonscrite à un seul Etat membre, mais sur le terrain de la défense des droits, on n’est jamais assez méfiant surtout quand l’initiateur est Orbán et qu’il a des imitateurs ici ou là.

L’AEDH restera vigilante au cas où cette disposition inique est adoptée par le parlement hongrois.

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