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L’édito du Président de l’AEDH – Relance de l’activité de l’AEDH

Un réel plaisir et surtout une vraie satisfaction de pouvoir rédiger cet édito car il est le signe de la relance de l’activité de notre plateforme suite à l’assemblée générale du mois de janvier dernier.

Les organisations membres ont exprimé à cette occasion, mais également au préalable en répondant massivement fin 2018 à l’enquête déléguée à la Ligue luxembourgeoise, leur volonté de s’impliquer plus et mieux afin de développer notre Association Européenne pour la défense des Droits de l’Homme (AEDH). L’adhésion de l’association « New Europeans » du Royaume Uni confortait à sa façon le processus de redynamisation de l’AEDH.

Les difficultés financières rencontrées en 2018 auraient pu sonner le glas de l’AEDH. Fort heureusement, la mobilisation de ses membres a permis une (nécessaire) réorganisation dont les premiers effets se font sentir aujourd’hui. Le soutien de quelques partenaires et de réseaux dont l’AEDH est membre s’est avéré également fort utile ; notamment avec la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, le Forum Civique Européen, Solidar …. Avec ceux-ci, et d’autres, les complémentarités dans l’action sont une évidence ; il faudra néanmoins les consolider afin de faire face aux différentes adversités qui se sont faites jours ces dernières années en Europe (et ailleurs). Dans de nombreux pays européens des menaces sérieuses pèsent sur les libertés individuelles et collectives, la démocratie, les droits humains et sur la liberté d’association notamment, « chose » impensable il y a encore quelques années de cela. Il est question de « populisme », ou « d’illibéralisme » pour tenter d’expliquer le recul des protections constitutionnelles garanties par l’Etat de Droit. Ne faudrait-il pas mieux appeler un chat un chat et parler de fascisme pour reprendre le propos éclairé d’un philosophe français*.

Nous sommes au début du mois de mai, à quelques semaines des élections européennes. Et là, il ne faut pas se tromper d’élection ; il s’agit de voter pour élire des parlementaires européens qui donneront ensuite la « couleur » de celui ou de celle qui présidera la Commission, pas d’envoyer un message de défiance (ou de soutien) aux gouvernements nationaux comme c’est trop souvent le cas. Certes les pouvoirs du Parlement Européen (PE) sont limités, mais le PE est co-législateur et vote le budget annuel de l’Union européenne proposé par la Commission, ce qui a des conséquences directes sur la vie quotidienne des 512 et quelques millions d’européens.

L’AEDH, depuis sa création, s’est prononcé en faveur d’une Union européenne démocratique, pluraliste, solidaire et humaniste fondée sur le recours au droit. Si elle présente en l’état des défauts qu’il conviendrait de gommer rapidement, l’AEDH estime que l’Union européenne représente le seul niveau de gouvernance capable de répondre à des problématiques et aux enjeux posés par un environnement globalisé. Dans ce cadre, une impulsion politique forte doit être donnée à l’accélération de la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD) notamment dans la perspective de la réunion du haut niveau qui se tiendra à l’occasion de la prochaine assemblée générale des Nations Unies au mois de septembre.

L’AEDH appelle à ce que l’Union européenne devienne une véritable communauté où la méthode communautaire prend une place bien plus déterminante que la méthode intergouvernementale en vigueur, élément bloquant des nécessaires réformes à mettre en œuvre. Ces réformes ne pourront se faire sans l’aval des citoyens européens et des citoyennes européennes.

L’Union européenne, avec ou sans le Royaume-Uni (dont il faut regretter le départ…si départ il y a) et sans doute avec d’autres plus tard, a besoin d’un changement significatif de politique qui mette au centre de ses engagements les droits humains, la lutte contre les inégalités, le développement durable et la transformation écologique, une politique étrangère renforcée et plus intégrée ainsi qu’une politique de coopération et de développement plus efficace…une façon de retrouver l’utopie initiale qui était celle d’une Europe ouverte, sociale et humaniste !

 

Roland BIACHE

Président

 

*in Récidive.1938. Michaël Foessel. PUF.

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