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L’édito du Président de l’AEDH – J’ai fait un rêve…

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Depuis quelques semaines, on discute dans les milieux actifs de l’Union européenne, de l’instauration d’un instrument majeur de la construction européenne, le socle social. On l’appelle aussi le pilier pour bien signifier que sans lui, l’édifice peut s’écrouler. Ce n’est pas que la politique sociale arrive dans un ciel serein. Tout le monde sait que la soumission des droits sociaux aux impératifs de la politique économique dite de stabilité et de croissance, en fait d’austérité, a produit des catastrophes. Sans ce socle commun, les citoyennes et les citoyens européens vont encore plus s’éloigner de l’Union européenne. Ce devrait donc être une priorité, peut-être même la seule. Las ! Les intérêts des Etats membres sont ailleurs, dans la concurrence renforcée entre eux.

Depuis des années, tout le monde sait, ou plus exactement le nombre écrasant d’études vraiment scientifiques – c’est-à-dire non commanditées par des industriels fabricants – prêchent pour demander l’interdiction complète du glyphosate, parce que cancérigène et perturbateur endocrinien. Il faut le faire sans attendre. Le débat arrive maintenant au niveau européen en raison du renouvellement ou non de la licence d’utilisation. On attend des États membres qu’ils répondent à la crainte des citoyens. Las, on tergiverse, on attend, et au bout du compte, on arrivera à une demi-mesure : la licence mais pour la moitié de temps, 5 ans au lieu de 10 ans. Mais de deux choses l’une. Soit le glyphosate est dangereux et l’on doit en organiser la sortie tout de suite. Soit il ne l’est pas et donner une demi-licence, n’a aucun sens.

Depuis des mois, la situation de la démocratie dans certains pays de l’Union va en se dégradant. Dernièrement, en Hongrie, le gouvernement a mis sous surveillance les associations auxquelles il reproche de ne pas défendre leur pays, d’être inféodées à « l’étranger ». En Pologne, non-content d’avoir mis la justice à ses ordres, le gouvernement arrête et menace les journalistes indépendants d’amendes et de peines de prison. Il semble bien que la Commission européenne, poussées par le Parlement européen – au moins par nombre de ses membres – ait parfaitement conscience de ces politiques désastreuses. Mais pour contrer ces mesures, il faudrait aller jusqu’à déclencher l’article 7 du TCE… Las ! Il faut l’unanimité des Etats membres au sein du Conseil européen !

L’Union européenne n’est-elle alors qu’un rêve inaccessible ? On voudrait croire le contraire et pouvoir dire à l’instar de ce qui fut la base de sa construction, la paix, qu’à partir de maintenant, l’Europe de tous les droits est en route…

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