AEDH

L’Autriche veut « une Europe qui protège » … les Européens des migrants

This post is also available in: enEnglish (Anglais)

Le 1er juillet 2018, la présidence tournante du Conseil de l’Union a été confiée à l’Autriche. C’est la troisième fois que ce pays remplit cette fonction et, cette fois, son slogan est simple : « une Europe qui protège ». Ce sera la dernière présidence complète avant les élections européennes de mai 2019 et les dossiers transmis par la présidence bulgare sont lourds d’enjeux…

Dès le 3 juillet, le chancelier Sebastian Kurz a présenté son programme devant le Parlement européen et ses trois priorités : la sécurité et la lutte contre les migrations irrégulières avec une attention particulière portée sur la protection des frontières extérieures de l’Union et la coopération avec les États tiers ; le bien-être et la prospérité de l’Union et de ses citoyens ; le développement des politiques de voisinage.

Quant à la réforme du régime d’asile européen commun, elle n’apparaît pas de façon très structurée, en tant que telle. En revanche, fidèle à son objectif de dissuasion – très inspiré de l’expérience australienne – il maintient l’idée de plateformes extérieures à l’UE et insiste sur la nécessité d’une meilleure coopération avec les pays tiers.

La mise en place d’un « voisinage stable »

L’Autriche a également pour ambition de développer ses relations avec les pays voisins de l’UE afin d’assurer « un voisinage stable ». Devant le Parlement, le chancelier fédéral a déclaré que l’UE devait activement agir dans son voisinage. Selon ses termes, « une Europe qui protège ne pourra survivre qu’avec des frontières extérieures sûres et, pour ce faire, le voisinage doit être stable ».

Pour ce faire, l’UE devra être un constructeur de pont afin de pouvoir stabiliser la situation dans la région des Balkans occidentaux et permettre l’intégration des pays de la région au sein de l’UE.

Un lien est donc fait entre la première priorité de la présidence autrichienne et la dernière, l’une devant aller de pair avec l’autre. Mais on peut s’interroger sur l’apparente contradiction qu’il y aurait à instaurer des ponts avec les pays voisins tout en enfermant le territoire européen entre des murs protecteurs…

La position adoptée par la présidence autrichienne a su trouver quelques échos favorables au sein du Parlement. Par exemple, auprès du groupe EFDD représenté par Nigel Farage qui accuse J.C Juncker d’avoir ouvert la porte aux réfugiés ou comme auprès du ENF qui souhaite défendre « une Europe contre l’immigration de masse ». Mais il est heureux de constater que la position autrichienne n’a pas remporté l’unanimité au sein de l’hémicycle. Plusieurs groupes parlementaires ont mis en garde Kurz Sebastian contre une position trop sécuritaire fondée sur des amalgames et sur une fermeture des frontières. « Je ne crois pas que soyons en train de vivre une vraie crise migratoire en Europe, c’est plutôt une crise politique sur le dos des migrants. Regardez les chiffres avant de répandre la peur dans les populations et l’opinion publique », a ainsi réagi Guy Verhofstadt.

Pour aller plus loin :

webmin