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En Grèce, conditions matérielles inqualifiables, insécurité juridique, … un an de plus.

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19 février 2018 – En Grèce, pour la troisième année consécutive, les migrants et réfugiés doivent affronter les rigueurs de l’hiver dans des conditions matérielles infra-normes alors que leur précarité juridique semble sans fin.

Femmes et enfants particulièrement en danger

Lors d’une conférence de presse donnée le 9 février à Genève, Cécile Pouilly, porte-parole du HCR, a exprimé les préoccupations de son organisation sur la situation particulièrement inquiétante des migrants et demandeurs d’asile se trouvant actuellement dans les centres d’accueil et d’identification de Moria (Lesbos) et de Vathy (Samos) où, estime-t-elle, « des milliers de réfugiés continuent d’être abrités dans des hébergements inadéquats sans sécurité suffisante ».

Observant que, en dépit des efforts réalisés par les autorités grecques pour accélérer le transfert des personnes vers le continent, actuellement « quelque 5 500 personnes séjournent dans ces centres, soit le double de la capacité prévue ». Elle a particulièrement tenu à pointer le fait que, « dans le climat de tensions et de surpopulation » qui règne dans ces lieux, les femmes et les enfants réfugiés sont particulièrement « exposés aux agressions sexuelles », comme en témoignent les 622 plaintes enregistrées au cours de l’année 2017.

Répondre à la hausse de la demande d’asile

Dans le même temps, le Bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO) a apposé sa signature sur un nouveau plan opérationnel décrivant les mesures de soutien que l’Agence mettra en œuvre dans le pays en 2018. C’est la huitième année consécutive que l’EASO apporte ainsi son appui à la Grèce. Son intervention se situe dans un contexte de hausse de la demande d’asile[1], quand bien même le nombre d’arrivées dans le pays n’a cessé de diminuer. Outre l’augmentation numérique, l’EASO observe le nombre croissant de demandes de regroupement familial en vertu du règlement Dublin III : de 1 267 en 2014 et 1 245 en 2015, les demandes sont passées à 5 611 en 2016 et à 10 095 en 2017.

En 2018, comme depuis 2011, le Bureau entend intervenir particulièrement en « soutien à la procédure d’asile », «  soutien à la réception » et au « renforcement des capacités dans la mise en œuvre du régime d’asile européen commun (RAEC) ». Au cours des dernières années (2015 – 2017), EASO était également très présent sur la mise en œuvre du programme de relocalisation.

Commentant le nouvel accord, M. Carreira, directeur d’EASO, a déclaré: « La réponse de la Grèce aux pressions sans précédent subies par ses systèmes d’asile et d’accueil au cours des dernières années a été louable. Depuis 2011, l’EASO renforce son soutien opérationnel aux autorités grecques afin de contribuer à atténuer ces pressions. L’accord d’aujourd’hui actualise ce soutien et l’adapte aux besoins actuels de nos partenaires grecs, garantissant ainsi que la valeur de l’assistance de l’EASO est maximisée ». 

(Pour mémoire, un programme de même nature associe EASO et l’Italie depuis 2013.)


Pour aller plus loin


[1] Selon EASO, le nombre de demandeurs de protection internationale en Grèce a régulièrement augmenté au cours des dernières années. En 2014, la Grèce a noté 9 431 déposants, puis 13 195 en 2015 et de 51 092 en 2016. En novembre 2017, la Grèce avait déjà signalé la présence de près de 55 000 candidats. Cette progression s’explique, en partie, par le fait que les procédures d’enregistrement ont été accélérées.
Une tendance à la hausse similaire est observée dans le nombre de demandes d’asile de mineurs non accompagnés : de 450 demandes en 2014 et 420 en 2015, les demandes sont passées à 2 352 en 2016 et à 2 233 à la fin octobre 2017.

 

 

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