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Réaction de l’AEDH à l’élection d’Ursula von der Leyen

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Depuis la nomination par le Conseil européen d’Ursula von der Leyen comme candidate pour la présidence de la Commission européenne, il était devenu clair que si le Parlement européen refusait de confirmer ce choix l’Union européenne serait plongée dans une crise politique comme elle n’en avait jamais connu. De crise il n’y aura pas, les 383 voix récoltées permettant de justesse à l’ancienne ministre allemande de la défense de devenir la première femme à diriger l’exécutif européen.

Parce qu’elle évite de nouveaux mois de tractations en coulisses pour la répartition des top jobs, l’élection de celle qui devient la présidente la plus mal élue de l’histoire de la Commission européenne pourrait être perçue comme une bonne nouvelle. Mais la crise institutionnelle évitée ne peut masquer le recul fondamental que cette élection marque dans la construction d’une Union européenne démocratique.

Par leur importante participation aux élections européennes de 2019 les citoyens européens avaient affirmé leur volonté de se réapproprier la construction européenne. En abandonnant le système des Spitzenkandidate et en nommant à la tête de la Commission européenne quelqu’un qui n’a pas pris part à la campagne électorale et qui ainsi n’est pas légitimé par les urnes, le Conseil européen témoigne du peu de considération qu’il a pour le vote des citoyens.

Considérant que la démocratie doit être un des piliers de la construction européenne et qu’il ne pourra y avoir d’Union européenne sans une participation citoyenne réellement reconnue, l’AEDH ne peut que regretter ce nouveau recul démocratique.

Dans son discours au Parlement européen Ursula von der Leyen s’est engagée à donner un « droit d’initiative » au Parlement européen et à organiser une conférence citoyenne sur l’Europe. L’AEDH veillera à ce que ces promesses ne restent pas lettre morte.

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