L’Edito du Président de l’AEDH - Europe : le risque et l’incertitude.

28 juillet 2017 - À la lumière des derniers événements qui ont marqué l’actualité européenne, les interrogations demeurent. Que va-t-il se passer avec les négociations sur le Brexit qui apparaissent comme verrouillées par des orientations plus idéologiques que pragmatiques ? En revanche, toutes les études économiques concordent sur le coût final d’une opération qui va se retourner contre ses auteurs mais qui en même temps n’apportera rien à ses opposants.

Le pilier européen des droits sociaux verra-t-il le jour alors que les gouvernements des Etats Membres affirment que de toute façon son application dépendra de la transposition en droit national de directives et que donc, ça ne se fera pas ? Et pendant ce temps, le sort de l’Union européenne pour ses citoyennes et ses citoyens dépend de ce nouveau départ d’une Europe enfin sociale.

La démocratie va-t-elle résister aux attaques vives qu’elle subit tant en Pologne par une prise en mains de tous les pouvoirs par l’exécutif qu’en Hongrie par la réduction sévère du champ d’activité de la société civile, mais aussi en France avec une répétition de l’Etat d’urgence et une nouvelle et énième loi de limitation des libertés ? Mais justement, ce n’est que sur l’existence et l’extension de l’Etat de droit que vit et se développe l’Union européenne.

Va-t-on enfin arriver à prendre en compte les raisons qui font les réfugiés et les migrations, et ainsi apporter l’aide à laquelle ont droit l’Italie et la Grèce, imposer un système entièrement commun et volontaire qui ferait de l’accueil une inconditionnalité de la construction européenne ? Actuellement les gouvernements continuent à se cacher la tête dans le sable des plages où l’on retrouve les naufragé morts de ne pas être secourus.

Alors que vient de se mettre en place un règlement européen de protection des données, n’assiste-t-on pas tous les jours à la création de nouveaux fichiers et à leur croisement, au mépris des droits et au nom d’une lutte conte le terrorisme qu’on oppose malheureusement aux libertés jugées trop grandes ? Et pourtant, l’expérience montre que le déséquilibre entre la liberté et la sécurité loin d’éradiquer le terrorisme le nourrit.

 

Ce qui alors nous étreint est l’incertitude, celle que l’on ne peut ni calculer ni prévoir. Ah, si une certitude nous en avons une : ce sont les gouvernements et le conseil qui les réunit qui portent la responsabilité de cette situation. Un seul obstacle peut se dresser sur cette route qui fait de l’UE un patchwork de situations nationales irréductibles : l’envie des citoyennes et des citoyens d’une autre Europe.

 

Dominique Guibert, 
Président de l’AEDH

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