L’AEDH apporte son entier soutien au Comité Helsinki Hongrois contre les attaques des autorités hongroises

27 octobre 2017 - Les autorités hongroises s’attaquent une nouvelle fois aux organisations de la société civile en révoquant unilatéralement quatre accords de coopération qui avaient été établis de longue date avec le Comité Helsinki Hongrois (CHH). Le CHH n’a donc plus accès aux lieux de détention policière, aux établissements pénitentiaires, aux centres d’accueil ou de détentions d’immigrés et de demandeurs d’asile, et aux centres de détention des gardes-frontières. La résiliation de ces accords réduit à néant le contrôle indépendant de la société civile dans les lieux d’enfermement et empêche les détenus de bénéficier d’une assistance juridique gratuite.

Depuis sa création, le CHH s’engage pour la protection des droits fondamentaux des détenus et demandeurs d’asile. A cette fin, plusieurs accords de coopération avaient été conclus en 1997, 1998, 1999 et 2006 entre le CHH et les autorités nationales. Des accords qui habilitaient le CHH à accéder aux centres de détention et permettaient, entre autres, de documenter l’application des droits de l’Homme dans ces centres et d’offrir une assistance juridique aux détenus. Concrètement, au cours des quatre derniers mois, quatre accords essentiels ont été résiliés unilatéralement par les autorités hongroises. Selon le CHH les motifs avancés par les autorités hongroises ne sont aucunement fondés. Les autorités arguent de « multiples violations et un manque de coopération » et estiment que les contrôles dans les centres pour évaluer le respect des droits fondamentaux des détenus peuvent être assurés par le mécanisme de prévention national du bureau du Commissaire pour les Droits Fondamentaux.

L’Association Européenne pour la Défense des Droits de l’Homme (AEDH) s’inquiète de cette nouvelle décision des autorités hongroises qui vise son organisation-membre et affaiblit la fonction de contrôle des associations de la société civile et qui, à long terme, nuit aux droits et aux conditions de vie et de santé des personnes placées en détention. L’inclusion des organisations de la société civile est une caractéristique primordiale des sociétés démocratiques. Dans le cadre de l’article 7(1) du Traité sur l’Union européenne, l’AEDH et le CHH demandent au Parlement européen et à la Commission sur les Libertés civiles, Justice et Affaires intérieures d’exhorter les autorités hongroises à rétablir l’accès aux centres de détention aux organisations de la société civile.

Pour en savoir plus (EN)

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