Déclaration : Les violences faites aux femmes doivent être combattues avec les armes des droits

Bruxelles, 25 novembre 2016 - 33 % des femmes dans l’Union européenne ont été victimes de violence un moment dans leur vie, et, au cours de 12 mois précédents, 13 millions ont souffert de violence physique, 3,7 millions de violence sexuelle, et 9 millions ont subi une traque furtive, selon une enquête de l’Agence de Droits Fondamentaux de l’Union européenne publiée en 2014 (1).

La majorité des femmes qui sont victimes de violence ne signalent pas ces incidents ni à la police ni à aucun organisme d’aide aux victimes souvent par crainte de représailles de l’agresseur ou en raison de leur dépendance économique vis à vis de celui-ci.

Compte tenu de ce sombre tableau, les mesures prises par les pouvoirs publics européens pour faire face à ces violations graves des droits des femmes ne peuvent pas être jugés suffisantes.

L’Association européenne pour la défense des droits de l’Homme (AEDH) se réjouit de l’importance accordée par le Conseil de l’Europe à la « Convention sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique » (Convention d’Istanbul). Son entrée en vigueur le 1er août 2014 permet la mise en place du comité de suivi GREVIO compétent y compris pour vérifier sur place la réalité de la transposition en droit et en pratique internes des dispositions de la convention.

A ce jour cependant, l’AEDH constate que sur 47 Etats membres du Conseil de l’Europe, seuls 22 d’entre eux ont ratifié cette convention. L’AEDH regrette que, parmi ces 22 ratifications, ne figurent que 14 États membres de l’Union Européenne dont 7 qui ont dramatiquement éprouvé le besoin de la ratifier avec des réserves !

En ce 25 novembre, Journée Internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, l’AEDH demande à l’Union européenne et à ses Etats membres de faire de la lutte contre les violences contre les femmes une priorité :

  • tous les États membres doivent ratifier la Convention d’Istanbul et consacrer les moyens pour faire de ses dispositions une réalité ;

  • les États membres signataires de la Convention doivent s’engager pour la dotation du comité de suivi GREVIO des moyens humains et financiers aptes à lui permettre de remplir son mandat avec efficacité ;

  • l’Union européenne doit saisir l’opportunité d’adhérer en tant que telle à la Convention d’Istanbul. A cet effet, l’AEDH invite la Commission européenne à saisir le Conseil européen afin que celui-ci puisse, sans délai, délibérer à ce sujet.

Les droits des femmes sont des droits de l’Homme ! Comme tous les droits, ils ne sont jamais acquis, mais nous devons tous et toutes les défendre chaque jour. L’AEDH appelle les citoyennes et les citoyens, et plus largement toutes les personnes qui vivent et agissent dans l’Union européenne, à interpeller leurs gouvernements sur leur devoir de protéger les droits des femmes et pour qu’ils s’engagent à faire aboutir ces recommandations. 

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Contact :

Dominique Guibert, Président AEDH,

Association Européenne pour la défense des Droits de l’Homme

33, rue de la Caserne. B-1000 Bruxelles

Tél : +32(0)25112100 Fax : +32(0)25113200

Email : info@aedh.eu

 

L’Association Européenne pour la Défense des Droits de l’Homme (AEDH) regroupe des ligues et associations de défense des droits de l’Homme des pays de l’Union Européenne. Pour en savoir plus, consultez le site http://www.aedh.eu/ ?lang=fr.

 

(1) http://fra.europa.eu/en/publication/2014/violence-against-women-eu-wide-survey-main-results-report .

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