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4e Forum européen sur la migration : focus sur l’intégration des migrants dans le marché du travail

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Les 6 et 7 mars 2018 se tenait à Bruxelles le 4e Forum européen sur la migration,  plateforme de dialogue entre la société civile, les institutions et les collectivités locales. Cette année, le Forum consacrait ses travaux sur les défis et les perspectives de l’intégration des migrants sur les marchés du travail de l’UE.

Présente à cet événement organisé conjointement par la Commission européenne et le Comité Économique et Social Européen, l’AEDH a souligné qu’avant de pouvoir parler d’intégration des migrants dans le marché du travail, la nécessité première pour les États Membres doit être de régulariser les travailleurs sans papiers mais également d’offrir la possibilité aux demandeurs d’asile d’exercer une activité professionnelle dans l’attente du traitement de leur dossier. Comme l’a rappelé le président du CESE, Georges Dassis, «La majorité des migrants ont fui des persécutions, des guerres et des régimes d’oppression. À présent, ils essaient de se construire une vie en Europe. Cette nouvelle vie, ils la méritent, c’est la raison pour laquelle il nous faut toujours encourager la solidarité et les aider à retrouver une existence normale, notamment en les intégrant dans le marché du travail.» Or, en absence de régularisation, les travailleurs sans papier se retrouvent en situation de grande précarité : précarité financière, précarité sociale mais aussi précarité en termes de droits car plus vulnérables à l’exploitation par le travail.

À cet égard, les disparités entre États Membres sont abyssales comme souligné lors des workshops se focalisant sur les migrants irréguliers : si en Espagne et en Belgique, les travailleurs sans papiers peuvent s’adresser à l’Inspection du travail pour faire valoir leurs droits sans craindre une dénonciation aux services des Étrangers, tel n’est pas le cas en Pologne ou au Royaume-Uni par exemple. Ainsi, au Royaume-Uni, pour éviter une sanction financière, un employeur peut dénoncer auprès des autorités les travailleurs sans papier qu’il emploie. Merveilleuse façon de se débarrasser à moindre frais d’employés gênants ou revendicateurs et de faire pression sur des populations déjà vulnérables et prêtes à tout pour ne pas être renvoyées dans leur pays d’origine.

Malheureusement, il ne faut pas compter sur une intervention prochaine de la Commission européenne en la matière. Le commissaire européen chargé de la migration, des affaires intérieures et de la citoyenneté, Dimitris Avramopoulos, a déclaré: «Il est désormais temps de dépasser le discours alarmiste sur la migration dont on nous rebat les oreilles tous les jours, et de se concentrer plutôt sur la manière de transformer l’immigration en une véritable chance pour nous tous, dans l’immédiat et sur le long terme. Pour ceux qui ont obtenu un droit de séjour régulier dans l’Union européenne, il est essentiel, et même urgent, de mettre désormais l’accent sur leur intégration dans nos sociétés

C’est clair : l’intégration, les droits oui, mais seulement pour ceux qui ont leurs papiers. Quant aux moyens d’obtenir ces « papiers », la question n’est manifestement pas d’actualité.

 

Pour aller plus loin, voir :

« Droits économiques et sociaux des migrants dans l’UE ». Une fiche de synthèse de l’AEDH – avril 2015 : http://www.aedh.eu/droits-economiques-et-sociaux-des-migrants-dans-lue-une-fiche-de-synthese-de-laedh/

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