10 et 16 décembre : Les droits ne sont pas le problème, ils sont la solution !

A la veille des commémorations d’une part du 68ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, le 10 décembre 1948, et de l’autre du 50ème des Pactes internationaux sur les droits civils et politiques et sur les droits sociaux, économiques et culturels, le 16 décembre 1966, l’Association européenne pour la défense des droits de l’Homme (AEDH) rappelle que les droits ne sont pas le problème, ils sont la solution. Ils sont souvent mis en cause, ils ne doivent jamais s’éteindre.

Le monde subit une grave crise d’instabilité. De partout parviennent les cris des oubliés, des emprisonnes, des maltraités. Certain-e-s fuient les zones de guerre et d’insécurité pour échouer, si elles et ils ont réussi à survivre au voyage, sur les rivages de pays qui ne considèrent pas l’accueil de ces personnes comme inconditionnel. D’autres ne savent plus comment simplement survivre, juste manger, boire, dormir, dans des pays où règnent la misère, l’exploitation, les discriminations, la faim et la mort lente qu’on pourrait qualifier d’économique. Les uns sont réfugiés, les autres sont migrants. Tous sont des femmes, des enfants, des hommes dont la dignité devrait être reconnue et respectée par tout le monde.

Aujourd’hui, des centaines de millions de personnes survivent avec des ressources qui ne représentent même pas l’épaisseur du trait de la statistique qui démontre l’appropriation des richesses par une toute petite minorité d’accapareurs. C’est maintenant que 10 % possèdent 50 % de la richesse alors que 50 % n’en possèdent que 10 % sans oublier les 1 % d’immensément riches qui croulent sous le poids de leur or. Aujourd’hui la surexploitation de la planète nourrit cette polarisation extrême des richesses. À l’avarice des uns correspond la mort des autres.

Aujourd’hui, les situations politiques de nombre de pays du monde révèlent qu’à la crise de répartition des richesses, répond une mise en cause des libertés publiques et des droits des personnes. Alors que les idéologies mortifères d’extrême-droite restaient cantonnées aux marges des discussions politiques, elles ont aujourd’hui rejoint les marches du pouvoir et pèsent sur les débats et les décisions, faisant retour de mots, de discours, d’actes que l’on croyaient impossibles à revoir. Attaquée de tout côté, la démocratie, dans toutes ses dimensions, politique et sociale, est à défendre.

Dans l’Union européenne, dont l’un des fondements était censé être un haut degré de garantie des droits pour tous, sur la base d’un programme de construction qui devait favoriser la convergence des situations et l’égalité de traitement, le discours dominant des gouvernements des États membres est le retour au chacun pour soi, même si le discours officiel continue à être européen. D’aucuns mêmes ont fait retour vers la mise en avant de mythiques identités nationales dont le résultat serait la limitation des droits en raison de l’origine réelle ou supposée, de l’orientation sexuelle, de la croyance, de la couleur de peau.

Le monde ne vit pas de trop de droits, il souffre de leur manque d’application. Ce n’est pas l’universalité des droits qui est en question, mais sa limitation. Ce n’est pas l’indivisibilité des droits qui est fausse, c’est le choix d’en appliquer qu’une partie qui les rend bancals. Ce n’est pas l’inaliénabilité des droits qui la mine, c’est au contraire sa dévolution pour tous qui est trop limitée. C’est leur mise en œuvre qui requiert toute notre attention, votre attention. L’AEDH appelle toutes celles et tous ceux qui croient en l’égale dignité à se lever pour les droits de tous et à la rejoindre et à la suivre.

 

Contact

Dominique Guibert, Président

AEDH, Association Européenne pour la Défense des droits de l’Homme

Rue de la caserne, 33

B- 1000 Bruxelles 

Tel. : 0032 (2) 511 21 00 

info@aedh.eu

 

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